Historique du quartier ( navigation sur le Tarn )

 

L'histoire du quartier du quai St.Jacques à Gaillac est surtout lié à la navigation sur le Tarn.

Au XVII ° siècle le port de Gaillac avait une activité très importante.

C'est à Gaillac que débutait la navigation sur le Tarn. En raison de la sécurité et du prix de revient, la presque totalité des transports en direction de Bordeaux et des pays étrangers se faisait par voie d'eau.

Gaillac se réserve le monopole de l'approvisionnement de Toulouse en charbon de Carmaux.

Le logement et le transport des vins et aussi des farines exigeaient des barriques en très grand nombre. Leur fabrication nécessitait une énorme quantité de merrain (douves et fonds de tonnaux) ce merrain provenait du bois de chêne du Quercy et du Rouergue, qui était embarqué à Gaillac.
Le frêt de retour est avant tout constitué par les produits de la mer chargés à Bordeaux :

-En premier lieu le sel vendu par mines (une mine de sel correspond à 38 litres).

-Les poissons salés : morue, harengs, sardines.

On charge aussi à Bordeaux des produits coloniaux provenant des Antilles : sucre (pain de sucre ou cassonade) café, épices, des produits tinctoriaux comme l'indigo, des bois exotiques, tabac et laine. La cendrée gravelée ou des barriques de sable destinées aux verreries du marquis de Solages à Carmaux.

Les chargements se faisaient au quai St. Jacques appelé au XVII° siècle la cargado.

On veillait à entretenir le canal creusé dans la rivière. Ce canal appelé naveira permettait aux mariniers un accostage facile pour 16 bâteaux. Par contre aux extrémités du port se trouvaient deux moulins avec leurs barrages qui rendaient les manoeuvres des bâteaux difficiles.
On peut supposer que la meule de moulin retrouvée par des habitants du quartier en 1998 faisait partie du moulin Trinquat situé en aval de l'extrémité du quai.

En plus du port St Jacques où se faisait tout le trafic concernant les marchandises, existait un autre port appelé Port Bas qui appartenait à l'Abbé de Gaillac. Le port longeait les murs du jardin de l'abbaye.

A cet endroit, se trouvait le bac qui permettait de passer la rivière.Il n'y avait pas encore de pont.

Les conditions difficiles de la navigation

Pour permettre la navigation, des digues étaient contruites en travers de la rivière avec un passage au milieu. Par le resserrement du passage on augmentait le niveau de l'eau.

Ce passage ou PAS d'où le nom Occitan de PASO-LISO ou PASSOLIS sorte de toboggan revêtu de madriers de chêne, longs de 10 à 15 m, large de 5 m présente une très forte pente de l'ordre de 30%.

Les bâteaux sont halés pour franchir le barrage, manoeuvre délicate avec des gabares de plus de 20 m de long et chargées jusqu'à 30 tonnes. Quelques barrages étaient dotés d'une écluse ce qui rendait les manoeuvres beaucoup plus faciles.

Pour la remontée ce sont 12 à 15 hommes engagés pour cela, attachés à la bricole qui tirent la gabare. C'est en 1820 que les chevaux remplacent les hommes comme traction, grâce aux chemins de halages surveillés et entretenus. Il faut compter 8 jours pour la descente Gaillac - Bordeaux, et 15 à 20 jours pour la remontée.

 

Les Bâteaux

Les gabares sont de grandes barques à fond plat pour franchir les passes peu profondes et mieux glisser sur les passolis, elles sont étroites pour franchir les écluses et longues pour atteindre un tonnage suffisant.

Une gabare pouvait mesurer 10 cannes et 2 pans de long ( 20 m ) -9 pans de large ( 2 m ) - 5 pans un quart de hauteur ( 1,18 m ).

On construisait aussi de petites gabares ou "garrabots" déformation du mot gabarrot.

En 1812 on estime à près de 4000 personnes qui participent directement aux activités de la batellerie sur le Tarn : marins; haleurs et les activités annexes.

En 1857 la batellerie sur le Tarn connait son apogée avec un trafic annuel de 70 000 tonnes, dû en grande partie au transport du charbon de Gaillac à Montauban où il est embarqué sur le canal récement ouvert.

En 1857 le rail relie Carmaux à Albi

En 1862 la voie ferrée relie Bordeaux à Sète

En 1864 création de la ligne Toulouse - Albi

En 1885 ouverture de la ligne Montauban - Castres

On constate déjà en 1871 une chute de 90 % du frêt fluvial. En 1905 et 1908 la batellerie connut un sursaut d'activité avec la création d'une flotille de péniches à vapeur qui comptait 4 remorqueurs et 22 bâteaux.

En 1923 le Tarn fût déclassé en tant que voie navigable et ses écluses fermées.

 

Sources d'informations :

Gaillac à travers les siècles : Maurice Bounhiol

L'histoire de la navigation sur le Tarn : Marcel Peyre

 

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